4 ans dans 8 jours

22:20, 19 septembre 2008 .. Posté dans Notre vie avec Macédonian Maid .. Lien
Mon amie est partie, ma sœur m’a quitté,
 
 
J’ai attendu 11 ans, aussi loin que remonte mes souvenirs d’enfant, je voulais un cheval. J’ai été gâtée, j’en ais eu deux.
Je n’avais aucune prétention, aucune idées reçues, cheval poney couleur et race m’était bien égal, un compagnon à honorer, vers qui me tourner. Dans mes rêves cependant un noir se dessinait.
Et Daina est arrivée, alezan, 6 mois, tout à faire, à apprendre mais elle était cheval et c’était tout ce qui importait. Mon cheval, mon rêve enfin réalisé.
Mais le destin, s’amuse de nous parfois ; un jour mon père m’a dit : tu te souviens de Macédonian ? J’ai dit oui alors que Macédonian c’était une énergie débordante, une pur-sang fragile dont les écarts et le fort potentiel auraient mérités d’être confiés à de fameux cavaliers, et nous pauvres débutant sans aucune expérience nous l’avons accueillie.
Jolie pur-sang bai brune presque noire arrivée dans notre vie un matin de novembre. Elle nous a tout donner, peur, panique, plaisir, mal aux pieds, mais tant d’amour et d’enseignements tirés avec elle, pendant que grandissait Daina, elle nous a éduqué, nous rappelant à l’ordre à la moindre erreur, façonnant la future cavalière que je devais devenir pour être digne d’elle.
Le temps a passé, le démon s’est assagie, la confiance est née entre nous, les balades sont devenues tranquilles, paisibles, de vrais moments de communion, ces moments à deux bien trop souvent partagés par la suite.
Et puis Daina nous a rejoint, nous sommes devenues trois et quatre avec Delphine qui te montait, il fallait te partager pendant que je dressais Daina à essayer de te ressembler sans jamais y parvenir d’ailleurs.
C’était le bon temps, nous allions quitter l’enfance pour le monde des adultes, construire timidement nos vies autour de vous, alors avec ou sans vous ? Ce fût avec, nous sommes partis avec la famille que j’ai bâtie et vous avez continué plus que jamais à en faire partie intégrante.
Devenant bien plus que mes montures, vous étiez mes amies, mes sœurs vers qui je déversais tous mes maux quand j’en avais besoin.
Mais ce temps traître qui passait, toi tu traversais les années, belle, fraîche, en bonne santé jusqu’à l’année dernière, tout s’est compliqué, ce temps ce félon t’a imposé soleil, chaleur insupportable, herbe desséchée et malgré le foin, la paille, le pain et les fruits, tu souffrais dans ce terrible été. On a rien vu venir, tu as maigris un peu, si peu… ton cœur s’épuisait sans qu’on puisse s’en douter.
Tout s’accélère cette année, tes jambes lourdes, ton grand corps fatigué ont commencés à se voir, les oedèmes se sont suivis, les soins aussi mais tu changeais, rien n’y faisait, là sous mes yeux tu t’affaiblissais. On a continué d’essayer, 1 mois et demi de piqûres, de pommades, de douleur et de soins dérisoires.
Je t’ai vu ce soir de septembre et j’ai compris, malgré tout notre amour, tu voulais jeter l’éponge.
Je t’ai soutenue, je t’ai aimer, vénéré, soigner mais je t’aimais tellement que je refusais que tu souffre juste pour que tu sois en vie pour moi.
Le dernier soir, tu m’a suivie doucement mais sans hésiter, je t’ai regarder, caressé, serré ta magnifique tête tout contre moi, et tu es partie, endormie pour toujours.
 
 
 
Je t’aimais tant et te voir partir a été comme un couteau enfoncé dans mon cœur je réalise rien jusqu’à ce que tu t’effondre devant moi et là ma tête a explosé, submergée de douleur j’ai hurlé, je suis passé au travers d’un grand feu qui me consume depuis ce jour, remplie mes nuits et mes jours de doutes, est-ce que je t’ai trahi ? En prenant la décision d’abréger ta vie.
Macédonian, tu étais mon rêve d’enfant, tu es ma douleur maintenant, tu manques à ma vie comme le soleil manque au jardin, il est possible de semer mais tout ce qui y pousse est plus fade. Tu manques à ma vie comme la nuit manque au jour, tout deux se complètent imperturbablement.
Moi j’ai du mal à émerger, cheminer dans ce monde vide que tu m’as laissé.
Mais quand bien même cette épreuve que ton départ me fait traverser, je dois remercier la vie de t’avoir connu et partager ces années près de toi, merci de m’avoir aidé à quitter cette enfance avec toi.
Le malheur de t’avoir perdu n’effacera jamais le bonheur de t’avoir connu.
Le bonheur d’avoir vécu auprès d’elle.
 
Elle s’appelait Macédonian Maid, une jument pur-sang née le 07 avril 1983, magnifique, couleur et corps parfait, musclée et robe soyeuse.
Elle était bai brun, pommelée l’été puis rousse l’hiver, longue et fine, trois sabots noirs, un blanc, petite trace blanche sur le postérieur gauche, petite tache blanche sur le front. De grands yeux noirs mêlés de paillettes dorées, des petits sacs de pigments semblant des collines.
Sa petite cicatrice blanche sur le garrot, sa cicatrice sur l’antérieur gauche.
Ses longs crins noirs se terminant par du roux, son nez si doux gris clairs entouré de poils fauves et puis sa longue tête noir au regard expressif et franc, petites oreilles toutes droites mobiles à l’extrême.
Un dos bien droit, le rein court, taillée pour la courses, des jambes nerveuses, un poitrail bien dessiné, tout était parfait chez elle-même sur la fin quand son dos se creusait avec les années. Elle est resté parfaite pour moi.
 
Aucune histoire ne serait être raconté en quelques lignes, Macédonian c’est plus qu’une simple histoire d’amitié entre un animal et un humain, c’était une chimère, le rêve d’une gamine qui est devenue femme, mère et qui est resté fidèle malgré toutes les difficultés.
Je l’ai chéri presque 13 années, elle en a vécu 21 années, je lui ai donné une retraite paisible, douce, calme et pleine d’amour et de respect. Il a fallu se rendre à l’évidence après toutes ses années il lui fallait un nouveau cœur pour survivre et ce que l’on fait pour les hommes ne se fait par encore pour un animal.
La voir encore souffrir ou la soulager, mon cœur à trancher.
Je lui dit au revoir maintenant car je n’ai pas pu le faire quand elle partait, et je la remercie comme on bénit un véritable ami pour son grand cœur même si le sien à atteint ses limites cette année 2004, le 28 septembre.
Je lui dit merci et bonne route car une existence si exemplaire ne serait s’arrêter ainsi même si c’est celle d’un animal, j’aime à croire que l’après pour les animaux est proche de celui des hommes et la voit en rêve chevauchant l’éternel avec mon frère et tout ceux qui nous on déjà quitter.
Elle me manquera toujours.
 
 
 
 
 
Macédonian
 
 
Mace, ma mémére, tu t’en est allé,
Ma mamie, mon ancêtre tu nous à abandonner
Nous t’avons aidé pour partir dignement car tu étais fatiguée
Je t’ai vu mourir car tu ne voulais plus lutter
Macédonian c’est par amour qu’on a renoncé
Macédonian c’est pour toi que l’on a décidé
Je t’ai aimé pendant douze années
Tes défauts sont devenus qualités
Avec le temps on t’a apprivoisé
Avec le temps tu nous as accepté
Tu as prouvé ta bravoure, ta volonté
Tout supporter, mon inexpérience, mon apprentissage
Tu m’as initié, donner la passion de toi, de Daina
Des autre, de la vie, on à réussi à passé au dessus de ça
Tu nous a suivi partout, jusqu’au bout
La dernière minute aussi, le dernier instant ou libre de tes attaches tu pouvais encore te sauver
J’avais toute confiance en toi, et toi en moi, je pleure je tremble, je ne sais plus ou allé sans toi, je te cherche, je t’attend, je te l’avoue je te regrette tant.
Je t’écoute la nuit hennir dans mes rêves, libre de tes douleurs, je sens ton odeur en moi encrée mêlée à l’herbe de printemps.
J’ai tant de mal à continuer de vivre parmi les chevaux sans plus jamais te voir près d’eux dans les prés verts ou bien dans la neige auprès de Daina.
Je suis perdue sans jamais te voir, je t’imagine partout, silhouette brune parmi la verdure ou bien les teintes fauves de l’automne, je te rêve à chaque instants entre mes jambes, ton ventre frémissant, même si je chevauche d’autres chevaux, ils ne seront jamais l’égal de ce que tu a été pour moi, le cheval de toute une vie, unique et irremplaçable mon premier cheval, mon premier instructeur.
 
 



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